📅 Vendredi 7 novembre 2025
🕒 14h – 18h
📍 Salle Claude Simon, Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle
Le CREDA (UMR 7227/280) annonce la soutenance de thèse d’Anne-Gaëlle Beurier, préparée sous la direction de David Dumoulin Kervran (CREDA – IHEAL/Sorbonne Nouvelle) et de Carole Barthélémy (LPED – IRD/AMU) :
« Dépasser les frontières » ?
Politiques et expériences de l’interdisciplinarité dans les Sciences de l’environnement territorialisées. Le cas des Observatoires Hommes-Milieux du CNRS
Elle sera suivie d’un pot à la Maison de la Recherche, auquel vous êtes chaleureusement invité.es. Si vous souhaitez assister à la soutenance et au pot, je vous remercie de bien vouloir vous inscrire au lien suivant :
https://framaforms.org/soutenance-danne-gaelle-beurier-7-novembre-1758556233
Il sera également possible de suivre la soutenance à distance, sur inscription et via le même lien.
Le jury sera composé de:
- M. David DEMORTAIN – Rapporteur – Sociologue, Directeur de recherche, INRAE
- Mme Séverine LOUVEL – Rapporteuse – Sociologue, Professeure des universités, Sciences Po Grenoble, UGA
- M. Morgan JOUVENET – Examinateur – Sociologue, Directeur de recherche, CNRS
- Mme Christine MUSSELIN – Examinatrice – Sociologue, Directrice de recherche émérite, CNRS, Sciences Po Paris
- M. Franck POUPEAU – Examinateur – Sociologue, Directeur de recherche, CNRS
- M. David DUMOULIN KERVRAN – Directeur de thèse – Sociologue, Professeur des universités, Université Sorbonne Nouvelle
- Mme Carole BARTHÉLÉMY – Co-directrice de thèse – Sociologue, Maîtresse de conférences HDR, Université Aix-Marseille
Résumé de la thèse :
Cette thèse de sociologie des sciences analyse la manière dont la question environnementale, érigée en problème social, reconfigure l’organisation de la production des connaissances dans la recherche publique française. Elle examine les dynamiques de promotion institutionnelle d’une interdisciplinarité élargie entre sciences humaines et sociales, sciences de la nature et sciences de la terre, et la façon dont les chercheur·es s’en saisissent. Le travail d’analyse retrace, en plusieurs séquences socio-historiques des années 1960 à aujourd’hui, la généalogie d’un mouvement scientifique et intellectuel, celui des sciences de l’environnement territorialisées, en le mettant en perspective avec les approches des sciences de l’environnement planétaires. Il s’attache à saisir comment l’institutionnalisation de ce domaine, dont la fondation de l’Institut écologie et environnement (INEE) du CNRS constitue l’acmé, se confronte aux résistances liées à une organisation disciplinaire soucieuse de préserver son autonomie face à des dynamiques perçues comme relevant d’une « néolibéralisation » de la recherche. Faute d’un soutien institutionnel de grande ampleur, une série de dispositifs plus ou moins pérennes a été mise en place pour soutenir ce type de pratiques, parmi lesquels les Observatoires Hommes-Milieux (OHM ; LabEx DRIIHM). La thèse décrit les modes d’organisation concrets de l’interdisciplinarité au sein de ces dispositifs et des territoires où ils s’inscrivent. En suivant comment s’y exercent les tensions entre disciplinarité et interdisciplinarité, localisation et globalisation des recherches, excellence scientifique et réponse à la demande sociale, ce travail montre que les formes prises par l’interdisciplinarité dépendent étroitement de configurations locales et de l’accès différencié aux ressources matérielles et humaines. L’étude des pratiques interdisciplinaires à l’échelle des projets de recherche, et du sens qu’en donnent les chercheur·es selon leur parcours professionnel, révèle le rôle spécifique des OHM dans la socialisation interdisciplinaire. Enfin, elle met en évidence les tensions récurrentes entre autonomie scientifique et réponses à la demande sociale, ainsi que les inégalités socioépistémiques qui peuvent en résulter. L’enquête repose sur quatre-vingts entretiens réalisés auprès de plusieurs générations de chercheur·es impliqué·es dans ces formes de recherche, de responsables institutionnels engagés dans leur promotion, ainsi que de membres des OHM. Elle s’articule en parallèle avec un travail documentaire retraçant l’émergence de ce mouvement scientifique, des observations directes et participantes, ainsi qu’une approche quantitative visant à caractériser les collaborations scientifiques à l’échelle des projets financés. Mots-clés : Sociologie des sciences, STS, Politiques scientifiques, Interdisciplinarité, Environnement, Territorialisation, Sciences de la durabilité, CNRS Écologie & Environnement, Observatoires Hommes-Milieux.
Présentation de la doctorante
Anne-Gaëlle Beurier s’intéresse depuis 2017 aux intentions de démocratiser la science et de pratiquer le pluralisme épistémologique en environnement. Doctorante contractuelle en sociologie (2020-2023), elle participe au projet ANR COLLAB2. Dans le cadre de sa thèse, elle étudie les collaborations inter- et transdisciplinaires au sein du dispositif de politique scientifique du CNRS : les Observatoires Hommes-Milieux. Ses travaux cherchent notamment à documenter ce que ce cas d’étude révèle des interactions contemporaines entre les modes de gouvernement de la recherche et les communautés scientifiques en environnement.

