Le CREDA a le plaisir d’annoncer la soutenance de thèse de doctorat en sociologie politique de Élodie GAMACHE, préparée au Centre de recherche et documentation des Amériques (CREDA) à l’Université Sorbonne-Nouvelle.
Sujet de la thèse :
Le genre de la violence : le cas des combattantes de la guérilla des Farc en Colombie
La thèse a été dirigée par M. Denis MERKLEN.
Composition du jury
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Mme Catherine ACHIN, professeure, Université Paris Dauphine-PSL
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M. Michel AGIER, directeur de recherche CNRS à l’EHESS
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Mme Emmanuelle BOUILLY, professeure, Université de Lille (rapporteuse)
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Mme Béatrice CHÂTEAUVERT-GAGNON, assistant professor, Sciences Po Paris
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Mme Marielle DEBOS, professeure, Université Paris Nanterre (rapporteuse)
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M. Jacobo GRAJALES, professeur, Université Paris I Panthéon – Sorbonne
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M. Denis MERKLEN, professeur, Université Sorbonne-Nouvelle (directeur de thèse)
Informations pratiques
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Date : Vendredi 9 janvier
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Heure : 14h00
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Lieu : Campus Condorcet, Bâtiment de Recherche Sud (5 cours des Humanités), Salle 33 (Rez-de-chaussée).
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Accès : Métro Front Populaire (Aubervilliers).
Inscriptions et Contact
La soutenance sera suivie d’un pot. Pour assister à l’événement (en présentiel ou par visioconférence), merci de vous inscrire via le formulaire ci-dessous :
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Lien d’inscription : https://forms.gle/DYUJ8M1qxi5dhLfu6
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Contact : elodie.gamache@sorbonne-nouvelle.fr
Résumé de la thèse
Cette thèse porte sur les combattantes de la guérilla des Farc en Colombie. À partir d’une lecture féministe, elle soulève la question de la définition de la violence et de son intrication au genre. Tandis que ces femmes participaient au combat autant que les hommes, elles ont été majoritairement invisibilisées avant d’être décrites comme des victimes de leurs compagnons d’armes. Plus précisément, si elles sont rendues visibles à partir du troisième processus de paix entre les Farc et le gouvernement colombien entre 1998 et 2002, elles ont depuis été principalement présentées dans les médias comme des victimes jusqu’au moment de l’enquête entre 2012 et 2016.
En articulant une sociogenèse genrée des Farc – attentive à l’évolution des rôles et des positions des femmes dans le temps – et en confrontant les expériences vécues de la violence par les combattantes (sans les limiter à la période de guerre) aux récits construits à leur sujet, en particulier à travers les canaux médiatiques et institutionnels, cette thèse montre comment le genre opère comme un facteur clé dans les processus de mise en visibilité ou d’occultation de la violence. Elle analyse les récits de combattantes en prenant au sérieux non seulement la violence qu’elles ont subie durant le conflit, mais aussi les formes de violence qui ont précédé leur engagement, souvent reléguées à la sphère dite « privée ».
À partir des récits d’ex-combattant·es, cette thèse reconstitue les dynamiques individuelles et collectives d’engagement des femmes, tout en interrogeant le régime de genre interne aux Farc et les ambivalences qui le caractérise. L’analyse met en évidence un continuum des violences, si structurant dans les trajectoires biographiques et les représentations de ces femmes, que la mise en perspective de leurs récits laisse entrevoir une vie civile parfois plus durement marquée par la violence que leur expérience de la guérilla.
Cette thèse repose sur une démarche ethnographique, au sein de laquelle ont été réalisés plus de 80 entretiens, dont une dizaine de focus groups et une soixantaine de récits de vie, conduits dans toute la Colombie auprès d’ex-combattant·es Farc en situation de démobilisation, jusqu’à Cuba, où se trouvait alors la délégation de paix des Farc en négociation avec le gouvernement colombien de 2012 à 2016.
Mots-clés : Combattantes, genre, violences politiques, violences patriarcales, violences fondées sur le genre, continuum des violences, Colombie, conflit armé, guérilleras, Farc, socio-anthropologie, ethnographie.
