Le 28 mai 2026, le collectif Classes Vertes et la PSE (Paris School of Economics) organisent une journée d’études intitulée « Gouverner la destruction : Politiques publiques, classes sociales et inerties écologiques ». Cette rencontre se tiendra à l’ENS Jourdan / PSE dans le 14e arrondissement de Paris.
Programme de la journée
La journée s’articulera autour de trois sessions thématiques :
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10h00 | Introduction : Johanna Siméant-Germanos et Jérôme Bourdieu.
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10h30 | Session 1 : La fabrique de l’inertie des politiques écologiques.
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Intervenants : Sophie Dubuisson-Quellier, Frédéric Nicolas, Christophe Bonneuil (Animation : Vincent Béal).
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13h15 | Session 2 : Matérialités productives et politiques de l’accaparement des ressources.
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Intervenants : Nelo Magalhães, Doris Buu-Sao, Claude Le Gouill, Mathieu Arnoux (Animation : Sylvain Laurens et Maxime Royoux).
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15h00 | Session 3 : Contenir un ordre socio-environnemental & ses perturbations.
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Intervenants : Paul Grassin, Giovanni Prete, Justine Berthod, Petros Chatzimpiros (Animation : François Jarrige).
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17h15 | Conclusion : Séverine Misset et Raphaël Challier.
Présentation
Depuis les dix dernières années, de nombreuses publications sont parues visant à structurer les travaux français en sciences sociales pour proposer des approches, théoriques et empiriques, de l’écologisation, de ses origines, de ses effets comme de ses inactions sociopolitiques. Si les sessions « Classes vertes » de Dijon (juin 2025) ont porté sur l’écologie ordinaire et celles de Nantes (janvier 2026) sur les inégalités environnementales, l’analyse des causes, des responsabilités et des conséquences des écocides nous oblige également à enquêter sur le « haut » de l’espace social – politique et économique –, à savoir les groupes et acteurs collectifs dont les actions produisent et contribuent à verrouiller des orientations écocidaires.
Cette nouvelle journée d’étude entend engager un dialogue entre l’histoire (environnementale et économique), la sociologie et la science politique, au travers d’approches attentives aux trajectoires sociales, aux rapports de classe, aux modes de formation des élites, aux routines administratives et aux formes de légitimation mobilisées pour justifier de la perpétuation des destructions environnementales. Cette journée questionnera les modes de gouvernement des écocides qui se dessinent, leurs effets sur les pratiques matérielles et la (re)production d’un ordre socioécologique en contexte de (més)usages, dégradations et pollutions. En croisant enquêtes historiques et études de cas contemporaines, il s’agit de mieux comprendre comment se construisent, se transforment et se perpétuent les cadres d’action et de pensée qui rendent possibles les inerties écologiques, les renoncements politiques et les destructions environnementales.
La journée prévoit trois sessions qui auront pour objectif d’échanger sur des publications récentes, dans des formats table-ronde qui rassembleront un.e historien.ne, un.e sociologue, un.e politiste pour discuter de leurs travaux et de leurs lectures. (1)
La première session propose de s’interroger sur les configurations – institutionnelles, sociales et écologiques – qui contribuent à (re)produire des formes d’inertie dans la conduite des politiques et des transformations. Grâce à des travaux récents, il s’agit d’analyser les mécanismes – routinisation de l’action publique, compromis institutionnalisés, diplomatie parallèle – qui freinent ou reconfigurent les changements attendus. La session invite ainsi à discuter les trajectoires et les héritages qui orientent et stabilisent des choix écocidaires à différents échelons de pouvoir.
La deuxième session questionnera les discours et activités de « modernisation » ou aujourd’hui de « transition » qui tendent, parfois dans un cadre colonial, à produire des dispositifs permissifs (indicateurs partiels, compromis réglementaires, production de doutes etc.) face aux destructions et pollutions. L’analyse au « ras du sol » des pratiques industrielles ou aménagistes permet de mettre en évidence des continuités dans l’accaparement des ressources naturelles, la prolongation des rapports de domination (entre Nord et Sud global mais également entre centres/périphéries/ruralités en France métropolitaine) ; tout en interrogeant les dispositifs qui contribuent à neutraliser les conflictualités.
Enfin, la dernière session s’attache à analyser les conditions de maintien d’un ordre socio-écologique par certains groupes dominants. Les moyens et les temporalités de la justice peinent à s’opposer aux illégalismes environnementaux, et leur étude éclairent ce que « laisser faire » la destruction signifie concrètement. Toutefois, des formes de policing environnemental en développement révèlent une différenciation des modes de régulation, de répression et de gouvernement de la nature, inscrite dans des processus historiques anciens. En contexte de pollutions ou de recherche d’un ordre sanitaire, les enquêtes montrent des recompositions situées, où se jouent des formes de sélection, de déplacement et de requalification de l’écologie, que la session visera à discuter.
(1) Liste de publications et références discutées seront accessibles aux inscrit.es.
Informations pratiques
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Horaires : 10h00 – 18h00.
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Lieu : ENS Jourdan / PSE, 48 Boulevard Jourdan, Paris XIV.
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Inscription : Obligatoire via le formulaire en ligne (framaforms). https://framaforms.org/inscription-je-gouverner-la-destruction-1776086639
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Note : Les places en salle sont très limitées, mais une diffusion en ligne est prévue.
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Contact : gaelle.ronsin@ens.psl.eu.
