Le CREDA a le plaisir de vous annoncer la soutenance de thèse de doctorat en Géographie de Laurine Chapon.
Informations pratiques
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Date : Lundi 30 mars 2026 à 14h30
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Lieu : Campus Condorcet, Bâtiment de Recherche Sud, Salle 15.
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Convivialité : La soutenance sera suivie d’un pot au 5ème étage, au Forum de l’IHEAL.
Titre de la thèse
« Habiter la crise dans la ville socialiste. Une géographie sociale et politique des transformations urbaines à La Havane (Cuba, 2020-2025) »
Sous la direction de Sébastien VELUT.
Composition du jury
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Cédric AUDEBERT, Directeur de recherche, CNRS, LC2S (Examinateur)
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Judith AUDIN, Chargée de recherche, CNRS, PRODIG (Examinatrice)
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Virginie BABY-COLLIN, Professeure des universités, Aix-Marseille Université (Examinatrice)
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Philippe GERVAIS-LAMBONY, Professeur des universités, Université Paris Nanterre (Rapporteur)
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Violaine JOLIVET, Professeure agrégée, Université de Montréal (Rapportrice)
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Sébastien VELUT, Professeur des universités, Sorbonne-Nouvelle / Directeur de recherche, IRD (Directeur de thèse)
Résumé
Depuis la pandémie de la Covid-19, Cuba traverse une crise sans précédent, comparable à celle de la Période spéciale des années 1990, quand l’île socialiste est profondément affectée par l’effondrement de l’URSS. Pénuries alimentaires, coupures d’électricité et émigration massive caractérisent cette période.
Comment cette nouvelle crise recompose-t-elle les manières d’habiter pour celles et ceux qui la vivent au quotidien ? Et quelles évolutions de l’État se donnent à voir, en creux, à travers les mutations de la ville ?
À partir d’une géo-ethnographie des modes d’habiter dans des espaces ordinaires de La Havane, cette thèse analyse les dimensions sociales et politiques de la crise, en s’attachant aux pratiques habitantes et aux reconfigurations de l’État socialiste qu’elles engendrent. Elle montre que la ville se transforme au rythme de la transnationalisation de la société, recomposant les cultures matérielles et produisant de nouvelles formes de stratification sociale.
La crise suscite également des émotions contrastées, tristesse, nostalgie, colère, dont les effets sont performatifs sur la ville. Les paysages urbains sont alors recomposés : friches et ruines, constitutives de l’ordinaire urbain, sont partiellement réinvesties et réappropriées par celles et ceux qui restent. Si la crise fragilise l’État socialiste, elle est aussi présentée comme une opportunité de changement. Elle devient une modalité de gouvernement pour un État qui se redéfinit par et dans la crise : libéralisation des politiques urbaines, structuration d’un État émigratoire et privatisation croissante de la société illustrent les contradictions et les hybridations d’un socialisme de marché en transformation.
